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Coté jardin, coté cour

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le théâtre du Chatelet

Pas grand chose d’excitant en ce début d’année, à part la quinzaine du blanc ou les soldes au centre commercial voisin, alors j’ai décidé que le mois de janvier serait culturel ou ne serait pas.

Direction le premier arrondissement de Paris, pour assister à une visite du théâtre du Châtelet et comme pour celle de la fondation Saint Laurent (billet du 10 octobre 2013), je vais remercier le Dieu Internet car je n’ai pas eu le droit de faire de photos.

À moi, l’entrée des artistes, la scène, les coulisses (du nom des décors que l’on « coulissaient ») la loge de maquillage, les salles de répétition, le poulailler, les parterres et les balcons de ce théâtre mythique, vêtu de rouge et d’or.

Cerise sur le gâteau, grâce à une conférencière talentueuse et passionnée, les origines du Théâtre ainsi que son vocabulaire, passé dans le langage courant, n’ont plus de secret pour moi.

Je vous les livre ici ! le théâtre du châtelet

le théâtre du Châtelet

Evidemment, on doit le Théâtre occidental à la civilisation grecque, 500 ans avant notre ère grâce à la tragédie, puis à la civilisation romaine quelques centaines d’années plus tard.

Au Moyen Âge, en France, les théologiens critiquent violemment le théâtre et les comédiens sont excommuniés. Cependant, « les mystères de Jésus » sont régulièrement mis en scène par les prêtres dans les églises tandis que les « farces » se jouent en dehors sur le parvis.

C’est à Louis XIV et à son amour de la danse et de la musique que l’on doit la création du premier vrai théâtre de Paris au Palais des Tuileries. En effet, les décors et les techniques nouvelles, venues d’Italie, et de plus en plus en vogue, imposent l’aménagement d’une salle de spectacle digne de ce nom (devenue la Salle des Machines). Equipée d’une machinerie révolutionnaire permettant des effets étonnants, elle contient jusqu’à quatre mille personnes.

C’est de ce théâtre des Tuileries que proviennent les expressions « cour, jardin » qui sont encore utilisées aujourd’hui, permettant aux artistes de se repérer sur scène.

Il s’agissait alors, à la gauche des comédiens, de la Cour du Louvres, à leur droite, du jardin des Tuileries. (Source : regietheatrale.com)

Le Roi étant toujours placé côté jardin et la Reine côté cour.

Cette règle étant adaptée des termes de marine « bâbord et tribord » car les premiers machinistes étaient des marins. De même, il est absolument interdit de prononcer le mot « corde » lié aux superstitions desdits marins.

À cette époque là, les représentations vont être autorisées le soir et donc nécessiter d’éclairer la rampe par des chandelles qui s’éteignent régulièrement et laissent le Roi et la Cour frustrés. L’idée de créer des actes et donc des entractes permettant de changer les chandelles vit le jour.

Ces chandelles étaient très chères à l’époque et donc… »il fallait que le jeu en vaille la chandelle »(histoire des théâtres parisiens

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Puis à la révolution, beaucoup de salles serviront de lieux de rassemblement et alterneront ouvertures, fermetures notamment pendant la Terreur en 1793.

Robespierre célèbre à la Convention l’aspect éducatif de l’art Théâtral, et l’Assemblée Nationale, le 13 Janvier 1791, supprime le privilège royal, libère le Théâtre et reconnaît, au rang des droits de l’homme, les droits de l’auteur, passés à la trappe le 4 Août 1789, en même temps que les autres privilèges…

1. Tout citoyen pourra élever un théâtre public et y faire représenter des pièces de tout genre en faisant, préalablement, une demande à la municipalité.

2. Les ouvrages des auteurs morts depuis cinq ans et plus sont une propriété publique et peuvent, nonobstant tous anciens privilèges, qui sont abolis, être représentés sur tous les théâtres indistinctement.

3. Les ouvrages des auteurs vivants ne pourront être représentés sur aucun théâtre public sans le consentement formel et écrit des auteurs, sous peine de confiscation du produit total des représentations au profit de l’auteur.

4. Les entrepreneurs ou les membres des différents théâtres seront, à raison de leur état, sous l’inspection des municipalités. Ils ne recevront d’ordres que des officiers municipaux, qui ne pourront pas arrêter ni défendre la représentation d’une pièce, sauf la responsabilité des auteurs et des comédiens, et qui ne pourront rien enjoindre que conformément.

la scène du Châtelet

Puis, viendra Napoléon 1er et ses exigences envers les théâtres et leurs auteurs et son rétablissement du « Privilège ».

Quelques années plus tard la Restauration va leur permettre d’exister à nouveau.

Entre 1852 et 1870 avec le Baron Haussman sous les ordres de Napoléon III, Paris change de visage, et se modernise au détriment de nombreuses salles de spectacles démolies faute de place.

Cependant pour compenser, trois grands théâtres sont reconstruits dont le Théâtre de la Ville et le théâtre du Châtelet dit « Théâtre Impérial ».

Long préambule, me direz vous, pour vous parler du Châtelet mais qui me semblait nécessaire pour être fidèle à la visite.

Edifié en 1862, par Davioud , architecte en vogue de l’époque, (il a aussi construit le théâtre de la Ville) il est à ce moment là le plus grand théâtre d’Europe avec 2500 places.

Somptueusement décoré, plafond aux cartouches frappés des mots « Danse, opéra, féérie, musique, drame, tragédie,comédie, vaudeville et pantomime » , foyer richement paré (là où les artistes et leurs riches admirateurs allaient se réchauffer grâce aux cheminées), escaliers impressionnants, loges confortables (elles sont le plus souvent réservées aux dames pour que leurs chapeaux ne gênent pas les spectateurs des fauteuils d’orchestre), il est inauguré en présence de l’impératrice Eugénie, par une féerie en 25 tableaux, Rothonago.

Un peu plus haut par un accès beaucoup moins fastueux, se trouvent les galeries surnommées « poulailler » à cause du bruit de « caquètement » que fait le peuple et souvent fermées par des grillages afin d’éviter aux spectateurs de jeter de la nourriture en contrebas

Scène privilégiée des grands spectacles, grâce à ses équipements techniques particulièrement novateurs, le Châtelet au fil des décennies, propose des créations originales de tout genre avec les meilleures compagnies internationales comme les Ballets russes de Diaghilev et notamment les danseurs Vaslav Nijinski et Anna Pavlova, au début du vingtième siècle.

Au pupitre le théâtre accueille de nombreux compositeurs et chefs d’orchestre prestigieux tels que Tchaïkovski, Mahler, et Richard Strauss. (Source Wikipédia)

Des années 1920 aux années 1960 les opérettes (« l’Auberge du Cheval Blanc », « Valses de Vienne », « le Chanteur de Mexico ») ainsi que les comédies musicales américaines (« West side story », « My Fair Lady », « Mississipi Show boat » etc.) se succèdent avec bonheur et succès.

En 1980, après des travaux de rénovation, le Châtelet, dénommé désormais Théâtre Musical de Paris (TMP) rouvre ses portes et propose, une programmation nouvelle et différente attirant ainsi un nouveau public.

En 1989, il reprend son nom original de Théâtre du Châtelet.

Depuis 2002, la salle de spectacle accueille également la cérémonie annuelle des Césars.

Au programme de ce mois :

-Du 7 au 12 janvier 2014 « Einstein on the Beach » opéra en quatre actes de Philip Glass et Robert Wilson. Einstein on the beach

-Le 19 janvier 2014 « l’Histoire de Clara ».

-Du 20 au 29 janvier « La Pietra del parangonne » opéra de Rossini.

Sans oublier les « Concert tôt » (à 11h) « Concert tea » (à 17 h) le dimanche, conçus dans le but de rassembler autour de la musique un public familial.

Je vous souhaite un week end théâtral, musical et féérique !

affiche du Châtelet

Et puisque désormais c’est une habitude, voici la recette de la semaine :

Culturel et traditionnel, le pot au feu fait partie de notre patrimoine culinaire, j’avais choisi de vous donner la recette classique d’un de mes livres de cuisine et puis je suis allée chez mon boucher qui m’a dit « ma petite dame,un livre de recettes ? Mais pas besoin je vais vous donner la mienne de recette »… dont acte !

le pot au feu de mon boucher

 

 

 

 

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